TEST 15 JOURS

Prisma Media a mis 75 % de ses salariés au chômage partiel

Selon nos informations, environ 800 salariés au sein du groupe sont concernés par une procédure d'activité partielle durant trois mois, à hauteur de 30 % du temps de travail en moyenne. La proportion du dispositif est très supérieure à celles mises en place au sein des autres groupes médias français. Rolf Heinz, président de Prisma Media, l'explique par le contexte économique et publicitaire très difficile et par les difficultés de Presstalis. mind Media a eu accès aux résultats économiques du groupe et à l'impact attendu de la crise. A l'image de Prisma Media, c'est l'ensemble des éditeurs médias qui sont fragilisés.

Par Jean-Michel De Marchi. Publié le 09 avril 2020 à 21h50 - Mis à jour le 09 avril 2020 à 21h50

Prisma Media, qui édite des magazines parmi les plus lus en France sur papier et numérique (Geo, Capital, Femme Actuelle, Voici, Gala, Télé-Loisirs…) traverse difficilement la crise liée au Covid-19. La direction a ainsi placé en chômage partiel 75 % de ses salariés, soit 800 personnes environ, depuis mercredi 1er avril, et ce durant trois mois, jusqu’au 30 juin. Le taux de chômage partiel pour chacun d’entre eux varie selon les effets de la crise sur leur activité, mais il est en moyenne de 30 % pour les salariés concernés.

Tous les salariés recevront 100 % de leur rémunération, puisque le groupe a décidé d’abonder l’indemnité versée par l’Etat (84% du salaire net), mais l’étendue du dispositif interpelle : elle est très supérieure à celles mises en place au sein des autres groupes médias, où le dispositif de chômage partiel concerne jusqu’à présent plutôt de 15 à 40 % des effectifs, selon les informations que mind Media a pu récolter auprès des éditeurs. Si les activités de régie publicitaire sont effectivement très ralenties dans les différents groupes médias (lire notre enquête et les derniers chiffres), les rédactions continuent très largement de travailler. 

“Nous pourrons à tout moment reprendre l’activité à 100 % avant fin juin si cela devait devenir opportun, souligne le président de Prisma Media, Rolf Heinz, interrogé par mind Media. Le dispositif a été construit avec les managers des services et a été par la suite concerté avec les représentants du personnel. Nous avons maintenu tous nos titres et sites, avec peu d’adaptations nécessaires sur notre calendrier de parutions habituel. Et concernant les autres activités, nous avons veillé à ce que toutes les activités qui peuvent être maintenues le soient.” 

Plusieurs millions d’euros de revenus en moins chaque mois 

Le président de Prisma Media justifie l’ampleur du dispositif d’abord par les conséquences de la crise sanitaire, qui a fait plonger les revenus publicitaires et les ventes en kiosque. Les différents éditeurs et vendeurs publicitaires que mind Media a interrogés ces dernières semaines envisageaient une diminution des revenus publicitaires comprise entre 60 et 80 % au mois avril du fait de la crise. Chez Prisma Media, la baisse estimée par la direction porte sur 60 % des revenus publicitaires sur le papier depuis la mi-mars, et 30 % sur le numérique (- 50 % au début du confinement). Le groupe était en croissance sur ces deux leviers jusque-là, …

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