TEST 15 JOURS

Le gouvernement annonce un plan d’aides supplémentaires de 377 millions d’euros pour la presse

Cela porte à 483 millions d'euros le montant des aides accordées à la filière depuis mars et pour les deux prochaines années. Les éditeurs semblent satisfaits.

Par Jean-Michel De Marchi. Publié le 28 août 2020 à 19h11 - Mis à jour le 28 août 2020 à 19h11

Au sortir d’une réunion jeudi 27 août au soir entre les représentants des éditeurs de presse quotidienne générale de l’APIG – notamment son président Jean-Michel Baylet – avec le président Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, le gouvernement a annoncé un nouveau plan d’aides à la presse pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire sur leurs revenus : 377 millions d’euros en plus sont annoncés entre 2020 et 2022. Une partie du montant a déjà été acté par des aides insérées lors du vote de la troisième loi de finance rectificative (PLFR3) pour 2020 votée en juillet.

Parmi les dispositifs financiers prévus, un fonds pour la transition écologique est mis en place (8 millions d’euros par an) pour financer des projets d’investissements multi-acteurs afin de réduire l’empreinte carbone du secteur, une nouvelle aide – qui sera pérenne – va être mise en place en faveur des services de presse en ligne d’information politique et générale (4 millions par an), tandis que le montant de l’aide à la modernisation des diffuseurs de presse sera doublé (+ 6 millions par an), et que le Fonds stratégique pour le développement de la presse, rattaché au ministère de la Culture, initialement doté de 16,5 millions d’euros par an, voit ses crédits fortement abondés, à hauteur de 25 millions en plus chaque année.

Un fonds de lutte contre la précarité, doté de 18 millions d’euros par an, sera également mis en place “afin d’accompagner les acteurs les plus fragiles de la profession” : pigistes, photojournalistes, dessinateurs. Un nouveau plan de transformation des imprimeries sera crée (18 millions par an), tandis que le crédit d’impôt pour les abonnements à la presse d’information politique et générale est confirmé (pour un coût annuel estimé à 60 millions pour les finances publiques). Deux nouvelles aides au pluralisme vont par ailleurs être crées pour les services de presse en ligne et les titres ultramarins. 

Les éditeurs satisfaits

Ces 377 millions d’euros de nouvelles aides annoncées s’ajoutent aux 106 millions d’aides d’urgence mises en place pour la filière entre mars et juillet et prévues en 2020, notamment plusieurs dizaines de millions d’euros pour sauver Presstalis. Soit un total de 483 millions d’euros accordés à la filière depuis mars et pour les deux prochaines années. Cette enveloppe s’ajoute aux dispositifs d’aides traditionnels à la presse déjà existants, “qui représentent en 2020 “plus de 840 millions d’euros”, selon le gouvernement, et aux aides transversales de soutien aux entreprises françaises déployées depuis mars (chômage partiel, prêts, subventions…).

Les principaux éditeurs français attendaient avec impatience un tel plan, soulignant le retard pris par rapport à d’autres pays (notre panorama mondial des aides annoncées au printemps aux acteurs des médias et de la communication). L’un d’eux, interrogé par mind Media se dit satisfait des montants dégagés et de leurs affectation vers les dispositifs traditionnels.

Au sein de l’APIG – qui a conduit les discussions ces deux derniers mois – également, mais on y insiste sur le soutien nécessaire de l’Etat pour faire avancer les négociations avec Google sur les droits voisins qui n’avancent pas. Au cours de cette rencontre jeudi soir, le Emmanuel Macron a d’ailleurs indiqué vouloir faire avancer ce dossier. Le gouvernement a pour sa part officialisé le réexamen lancé en sur le marché publicitaire : le ministère de la Culture et le secrétariat d’État chargé du Numérique ont commandé début juillet un rapport sur la façon de mieux réguler le secteur publicitaire en ligne, y compris par des évolutions réglementaires sur la Loi Sapin et les recommandations de la CNIL liées aux cookies et traceurs (notre article).

Par ailleurs, en contrepartie de ce soutien financier conséquent, l’Etat attend de la part des éditeurs de presse “qu’ils se montrent exemplaires en matière de transition écologique, de parité et diversité, mais aussi de lutte contre la précarité des professions les plus fragiles du secteur (pigistes, photojournalistes, correspondants locaux de presse, vendeurs-colporteurs, etc.)”, a par ailleurs souligné le gouvernement.

surmonter la crise

mind media lance un nouveau “hub” pour comprendre les nouveaux enjeux de la crise économique et publicitaire, présenter les chiffres clés du marché et les initiatives des acteurs afin de surmonter leurs difficultés : lire notre synthèse

Et sur notre site : #Surmonter la crise

Toutes les ressources liées à cet article
Les Personnalités
Les sociétés

Besoin d’informations complémentaires ?

Contactez

le service d’études à la demande de mind

À lire

Dossiers

Panorama des aides mondiales en faveur des acteurs des médias et de la communication

Distribution de la presse : le PDG de Presstalis acte le divorce entre quotidiens et magazines et espère une nouvelle structure début juillet

Tribunes gratuit

Marc Feuillée (Groupe Figaro) : “On peut imaginer une protection par des quotas publicitaires en faveur des médias nationaux, en France ou en Europe”

Le crédit d'impôt pour les abonnements à la presse définitivement voté

Covid-19 : les conséquences sur le secteur des médias et de la publicité en ligne